23 Avr 2017

La dépression : qu’est-ce que c’est, quelles en sont les différents types de dépression et comment la vaincre ?

La dépression est une maladie qui touche plus de 3 millions de personnes et ce, rien qu’en France. C’est un phénomène relativement courant qui aspire toute l’énergie de la personne touchée et cela peut mener jusqu’à des conséquences létales. Vous avez très sûrement déjà vu quelqu’un de votre entourage en plein épisode dépressif, affligé par une certaine douleur morale, et vous avez donc probablement remarqué qu’il était très difficile de les consoler dans leur mal-être. Je vous invite à découvrir dans cet article, ce qu’est la dépression, quels sont ses niveaux et les différents types de dépression ainsi que comment la traiter.

types de dépression

Photographie de Sgian Dubh Qajaq

Définition de la dépression

Dans le langage géographique, physique et météorologique, la dépression est une zone de creux, un abaissement soudain. Il en est de même pour une personne : si l’on voulait dessiner le ressenti émotionnel de quelqu’un avec une seule ligne et que l’on devait représenter sa dépression, il y aurait une chute du trait tout comme il y a une baisse de pulsion de vie dans l’esprit d’une personne dépressive.

D’un point de vue psychiatrique, la dépression dite majeure se définit par :

  • une souffrance avec :

    • humeur dépressive,
    • diminution du plaisir, de l’intérêt, des activités,
    • perte / gain de poids sans régime ou modification de l’appétit
    • lenteur / agitation
    • fatigue, perte d’énergie
    • troubles du sommeil
    • culpabilité, auto-dénigration
    • diminution de l’aptitude à penser, à se concentrer et à décider
    • pensées de mort récurrente
  • une difficulté à continuer sa vie sociale et professionnelle
  • ne perdure pas après un deuil
  • non induit par une substance

Différents types de dépression et niveaux de dépression

Tout d’abord, notons que la dépression n’est pas un simple « coup de mou », c’est une véritable douleur morale persistante. Il existe différents types de dépression, et celle-ci revêt différents visages, connaît plusieurs origines et se trouve à divers étages, c’est ce que nous allons voir maintenant :

Types de dépression : l’épisode dépressif

L’épisode dépressif est la forme la plus courante de la dépression. Cet épisode est nommé comme tel à partir du moment où il dure plus de 15 jours. Même si cela est variable, une amélioration spontanée de l’épisode dépressif vient entre 6 à 9 mois en général. Il est toutefois préférable de consulter un psychologue car pour la dépression, la foudre a plutôt tendance à frapper deux fois au même endroit.

Types de dépression : la dysthymie

La dépression récurrente, chronique ou même la dysthymie sont des termes qui expriment une dépression qui dure et revient par poussée. Les symptômes sont un peu plus légers que ceux qui souffrent d’un épisode dépressif majeur tel que défini par le DSM précédemment, mais la récurrence de ces affects est tout aussi affligeant pour la personne qui le subit.

Types de dépression : la dépression post-partum

La dépression post-partum survient après l’accouchement. Ce n’est pas le fameux « baby blues » mais une difficulté psychique qui s’installe progressivement et sur un plus long terme. Elle serait due à une combinaison de facteurs qu’ils soient physiologiques ou environnementaux. Les changements qui font suite à la naissance d’un enfant sont tellement importants que le temps d’adaptation peut être douloureux et faire place à la dépression.

Types de dépression : la dépression du nourrisson

La dépression du nourrisson est un sujet très sensible. Les symptômes sont par exemple une absence de pleurs, peu d’interactions et de mimiques mais aussi des troubles de la conduites alimentaires, du sommeil ou du transit. Cela peut même stopper la croissance de l’enfant, les conséquences sont donc très graves. Face à une dépression si précoce et grave, il est urgent de se demander si l’enfant n’est pas maltraité, pourquoi le lien a été rompu avec la mère et/ou que se passe-t-il dans la famille.

Types de dépression : la dépression saisonnière

La dépression saisonnière est réellement relative aux saisons. Elle est présente en automne et en hiver jusqu’au printemps.  Les causes ne sont pas certaines mais cela aurait certainement un lien avec la dose de lumière quotidienne que l’on reçoit, surement de quoi expliquer que « la misère serait moins pénible au soleil ».

Types de dépression : la dépression masquée

La dépression masquée est bien différente des autres. Elle va possiblement se cacher derrière un joli sourire ou derrière de virulents éclats de colère. Elle peut aussi être plus insidieuse, des maux de ventres par ci et des migraines par là. Ce sont des signes atypiques de la dépression et c’est pourquoi l’on passe souvent à côté.

D’autres dépressions particulières existent aussi par rapport à l’âge tels que la dépression chez le senior, chez l’enfant ou l’adolescent. Les dépressions peuvent également s’installer après un événement tel qu’un deuil (non pathologique en soi, mais le devient dans la durée), une agression ou une maladie.

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Scène de manie / source : série BlackBox

La dépression dans le trouble bipolaire

Le trouble bipolaire est un trouble de l’humeur à deux phases : l’une maniaque (hyper excitation) et l’autre une dépressive. On pourrait même dire qu’il y a une troisième phase quand la personne atteinte n’est dans aucun de ces extrêmes et qu’elle est en monothymie mais cela dépend du type de bipolarité.

Dans ce trouble thymique (thymie : humeur), l’épisode dépressif sera le miroir en intensité de la phase maniaque. Donc plus la personne est mégalomane, agitée et « on the top of the world » lors de sa phase maniaque et plus elle se retrouve au fond du gouffre lors de sa phase dépressive et sera sujette au suicide.

Les types de bipolarité rendent aussi compte de dépressions différentes. Un trouble de type I aura des phases dépressives proches de l’épisode dépressif simple alors qu’un trouble de type II sera plus semblable à la dépression récurrente. Dans cette seconde bipolarité, le fait que les individus passent pas des phrases d’hypomanies plutôt que de manies, laisse à penser qu’ils enchainent uniquement des épisodes dépressifs mais il n’en est rien.

En général, on traite la bipolarité avec des régulateurs de l’humeur afin de diminuer l’intensité des épisodes et éviter toute catastrophe. Le traitement de référence qui vise la prévention des rechutes est à base de lithium mais selon l’histoire et le cerveau de chacun, des antiépileptiques ou des antipsychotiques peuvent être prescrit car ils ont aussi des effets thymorégulateurs.

L’extrême dépression ou la mélancolie

Il est difficile de définir la mélancolie dans le sens où les auteurs ne sont pas d’accord sur la façon de la concevoir. Pour cela, remontons aux temps de la Grèce Antique …

Aux temps de la Grèce antique, Hippocrate disait de la mélancolie qu’elle était un trouble de l’humeur et l’humeur, c’était une sorte d’homéostasie entre quatre éléments fondamentaux (eau, terre, feu, air) et quatre qualités (chaud, froid, sec, humide). Un déséquilibre de ces humeurs entraine de fait un trouble. La mélancolie est alors expliquée par de la bile noire qui stagne en l’homme. Elle était aussi représentée comme un état de détresse apathique, ce qui correspond à l’idée que l’on se fait de la dépression aujourd’hui.

Actuellement, le terme de mélancolie est plutôt l’illustration de la forme délirante de la dépression. Elle était classée comme psychose il y a quelques temps mais de nos jours, c’est assez compliqué de parler de névrose et de psychose car cela est emprunté au langage psychanalytique, chose dont la psychiatrie essaie de s’affranchir.

Pour développer sur l’état pathologique de cette forme de dépression, il faut comprendre que les personnalités mélancoliques se sentent comme condamnées au malheur et leur sentiment néfaste peut aller jusqu’à manifester des hallucinations cohérentes avec leur délire autopunitif. Un des tragiques avenirs de la mélancolie peut être un état catatonique où le patient reste littéralement figé, comme s’il était pétrifié par sa vision morbide du monde.

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John Heinrich Fussli – Le Silence

Traitements de la dépression

Tout d’abord, pour savoir quel est le traitement le plus adapté pour soigner une dépression, il faut diagnostiquer l’origine de la dépression et son niveau d’intensité. Une dépression, qui est en réalité un épisode de la bipolarité ne sera pas traitée de la même façon qu’une dépression à tendance chronique chez un senior ou encore un premier épisode dépressif chez un adolescent. Seul un psychologue ou un psychiatre est apte à définir cela, les autres ne sont pas formés pour pouvoir prétendre diagnostiquer l’état mental d’autrui.

Plusieurs traitements sont donc possibles pour la personne dépressive, que ce soit des médicaments ou des « cures de l’esprit ». Le plus efficace, sera bien sûr la thérapie accompagnée de la volonté de travailler sur soi mais à défaut d’avoir l’envie de s’en sortir, ce qui est commun dans la dépression, la chimiothérapie peut aider.

Les antidépresseurs ne fonctionnent pas tous de la même façon, certains vont augmenter la transmission des neurotransmetteurs de sérotonine ou de noradrénaline, voire les deux et d’autres vont inhiber la recapture des neurotransmetteurs dits monoamines. Quoi que soit son lieu d’action, la prise de ces médicaments diminuent normalement les symptômes au bout de plusieurs semaines de traitement en continu. Seulement attention, dans cette médecine occidentale, les médicaments ont des effets secondaires et pour cette unique raison, il serait plus judicieux d’être traité avec une thérapie uniquement.

Dans le cadre des thérapies brèves, les thérapies cognitivo-comportementales sont très efficaces avec la dépression simple. Le fait de s’occuper des pensées parasites et de les travailler au travers de différents exercices donne en général de bons résultats. Pour des cas plus graves et liés à des traumatismes, l’EMDR pourrait être une bonne solution. La rapidité du traitement est aussi très agréable par rapport à une psychanalyse qui s’éternise.

Des thérapies plus longues, comme une simple psychothérapie ou une psychanalyse peuvent tout de même être abordés. C’est une démarche différente dans le sens où c’est un véritable travail intérieur qui démarre et non simplement une « remise en forme ».

D’autres possibilités tel que la luminothérapie, le mindfullness ou bien l’art-thérapie en tout genre sont aussi des thérapies à tester dans le cadre d’une dépression. Je ne vois pas de limite thérapeutique en ce qui concerne le retour de bien-être. Chacun peut trouver son réconfort mais pour cela il faut chercher, ce qu’il est, certes, difficile de faire de soi même lorsque l’on est actuellement dépressif, c’est pourquoi l’entourage joue un grand rôle lors de ces épisodes. Appeler des professionnels pour avoir des conseils ne coutent rien et peut sauver certaines vies.

Merci beaucoup d’avoir lu mon article, j’espère qu’il vous aura apporté de nouvelles connaissances. Si vous avez une question ou une remarque à me faire, n’hésitez pas à écrire un commentaire, je vous répondrai au plus vite. Belle journée à vous.

Etudiante en psychologie à l’université de Nice, je suis passionnée par mes études mais aussi par les sciences, les arts et le monde en général. J’accorde beaucoup d’importance au fait d’être le plus complète et juste possible, c’est pourquoi je me noie dans le sujet afin de vous proposer des articles de qualités, avec un grand angle critique.

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