29 Jan 2017

Les signes et les symptômes du stress : lorsqu’il semble que vous n’en faites jamais assez

N’importe quelle personne qui partage notre culture, et donc notre style de vie, aura déjà expérimenter une fois dans sa vie des symptômes qu’elle aura habilement attribué au stress, ou aura déjà écouté une conversation qui arrive à la conclusion que “les gens sont trop stressé dans ce vie moderne” ou “tout ce stress finira par venir à bout de toi”. Et c’est que pour beaucoup, les symptômes du stress sont des conséquences inéluctables de la vie moderne.

Mais qu’est-ce qui est réellement juste dans ce que nous croyions à propos du stress et ce que nous pensons savoir ? Est-il si dangereux et si malsain pour notre santé comme l’on pense ? Quelle importance a notre culture dans notre compréhension du stress ? Dans l’article qui suit, nous allons vous illustrer avec quelques esquisses ce que la science dit à propos du stress et de ses symptômes.

Symptômes du stress

Signes et symptômes du stress

Malgré que le terme de stress figure dans le dictionnaire depuis le 17ème siècle, ce ne fut que lors de la deuxième guerre mondiale que l’on a vraiment commencé à le prendre en compte. Depuis lors, il y a eu une grande prolifération d’études scientifiques sur le sujet, afin d’étudier ses symptômes et ses conséquences.

Pour donner un exemple, dans les années 80, les articles de psychologie qui contenait le mot stress dans leur intitulé n’atteignaient pas les 250 mots, alors qu’en 1999, ils arrivent presque à 1000 mots. Malheureusement, il arrive que la science ne rime pas avec la sagesse, ce qui fut le cas, et rapidement l’idée que le stress est un état contre-productif produit par notre style de vie moderne s’est étendue, qu’il cause des altérations sur la santé des gens qui l’expérimentent et qu’il est donc préférable de l’éviter.

Des milliers de remèdes contre le stress sont alors apparut, afin de pallier aux symptômes attribués au stress (traitements pharmaceutiques, infusions naturelles, livre de développement personnel, etc…). Cependant, malgré le grand nombre d’études, la science n’avait pas encore démontré ce que l’on pensait savoir sur le stress.

Définir le stress n’est pas chose facile du fait de la multitude de situation dans lesquels il peut être utilisé. Parfois, on l’utilise comme adjectif d’un facteur extérieur, comme “quel travail si stressant !”, d’autres fois, il définit un état psychique intérieur dans lequel les symptômes comme la tension et l’anxiété prédominent.

Pourtant, malgré l’ambiguïté du concept, il existe actuellement une définition qui fait l’unanimité parmi les scientifiques, qui est :

Le stress est un état psychique qui résulte de l’interaction entre des facteurs externes (“stressants”) et des éléments internes (“dispositionnel”), qui viennent de la perception de ne pas posséder les ressources suffisantes pour faire face aux demandes externes, et qu’en conséquence, génèrent tout un répertoire de changements neurophysiologiques et de sentiments de mal-être, à savoir : anxiété, irritabilité, tension, etc… (Facius, S. 2017).

Il s’agit d’une réponse naturelle de l’organisme, en faveur de l’adaptation et ses symptômes pourraient se situer sur le long terme suivant la prolongation du temps de cet état d’altération et l’intensité de celui-ci.

Ainsi, d’un côté, les symptômes du stress apparaissent dans une situation soudaine, intense mais momentanée, à un moment donné où l’on a besoins de toute nos ressources, et qui de par sa courte durée n’est pas dangereux pour la santé, à moins que nous ne soyons au préalable en mauvaise santé.

Alors que d’un autre côté, les symptômes du stress apparaissent dans une situation prolongée dans le temps, qui est accompagnée d’un mal-être et d’une sensation de dégoût. Au niveau de nos expériences, parfois le temps semble se dilater, et il se peut que l’on ne se rende pas compte de la relation que nous entretenons avec ces symptômes ni avec l’intensité du mal-être que l’on souffre, et les vivre en toute normalité.

Réponses naturelles : signes et symptômes du stress

1. Réponses cognitives

Les symptômes du stress, qui se manifestent dans nos processus mentaux, sont :

  • Détérioration de la mémoire
  • Difficultés de concentration
  • Jugement altéré
  • Idées obsessives, avec un contenu angoissant
  • Idées phobiques
  • Évaluation catastrophique de la réalité

2. Réponses émotionnelles

Les symptômes du stress agissent sur notre moral de la façon suivante :

  • Oscillation du morale
  • Anxiété, dépression
  • Tristesse
  • Sensation de manque d’espérence
  • Humeur irascible ou irritable
  • Sentiment de solitude
  • Se sentir incompris
  • Se sentir tendu, incapable de se relaxer
  • Difficulté générale pour jouir de bons moments

3. Réponses physiques

Les signes et les symptômes du stress génèrent des changements neurophysiologiques :

  • Augmentation de la pression artérielle
  • Oscillation du poids (augmentation/diminution)
  • Problèmes cutanés
  • Problèmes menstruels
  • Problèmes gastro-intestinaux
  • Douleurs physiques sans causes organique
  • Manque d’énergie
  • Dysfonction sexuelle
  • Nausées, vertiges
  • Maladies fréquentes

4. Réponses comportementales

Le stress influence notre comportement :

  • Comportements impulsifs (manger en grandes quantités, dépenser plus d’argent que ce que l’on a, etc…)
  • Altérations du rythme de sommeil (dormir beaucoup/peu)
  • Tics nerveux (se ronger les ongles, inquiétude psychomotrice, déambuler d’un endroit à l’autre, etc…)
  • Habitudes toxiques (boire en excès, fumer trop, etc…)
  • Comportements de retirement social (isolement)
  • Négligences des responsabilités

N’oublions pas que chaque personne est affectée par le stress d’une manière différente et que chacun présente des signes et des symptômes particuliers, pouvant manifester l’un ou l’autre en fonction de ses caractéristiques individuelles.

Symptômes du stress comme réponse adaptative

Malgré ce que notre culture et notre société dit, parfois, d’une manière implicite, le stress est une réponse de l’organisme dont la finalité et de pouvoir s’adapter à notre environnement et d’y survivre. Si cela n’était pas le cas, si nos réactions face aux dangers et aux situations stressantes, l’espèce humaine se serai très probablement éteinte, dévorée par les autres mammifères qui nous dépasse en force. C’est précisément la perception de ce signal d’alarme qui nous prépare à faire face à l’adversité en générant des changements physiologiques nécessaires.

Voyons quelques exemples dans lesquels nous pouvons mettre en avant les symptômes du stress :

Imaginez un moment que nous sommes en train de conduire sur l’autoroute, lorsque soudain les lumières de freins des véhicules dans la file qui se trouve devant nous s’allument et que ces véhicules ralentissent d’un coup.

Dans les millisecondes qui suivent, notre attention se focalise exclusivement sur ce qu’il se passe sur l’autoroute. Probablement, si l’on nous demandait quelle était la musique qui passait à la radio en ce moment, nous n’en aurions pas la moindre idée, car au moment où les véhicules en face de nous ont commencé à ralentir considérablement, notre organisme s’est automatiquement en mode “danger !”, ce qui fait que nos sens ne se sont concentré uniquement sur l’autoroute, alors que nous disposions du reste de notre corps pour passer à l’action le plus habilement possible, déjà en train de freiner, essayant d’essayer d’éviter les obstacles ou en nous mettant dans une position particulière afin de tenter de nous protéger de l’impact.

Ces réactions, qui se produisent dans un laps de temps très court, ne seraient pas possibles si nous n’avions pas perçu la situation comme dangereuse. C’est l’évaluation du risque pour notre vie qui génère les symptômes du stress dans cette situation, ce qui nous prépare à faire face à la situation grâce à un certain nombre de changements neurophysiologiques qui nous permettent d’agir avec rapidité.

Si cela n’était pas ainsi, nous aurions probablement réagit trop tard et les conséquences auraient été terribles. Probablement, une fois les véhicules arrêtés et que nous aurions perçut que la situation revenait en notre contrôle, nous nous rendions compte du nœud que nous aurions à l’estomac qui s’était formé et de la rapidité des battements de notre cœur. Cependant, étant donné la brièveté de l’événement, notre organisme reviendrait certainement peu à peu à un état stable et à son fonctionnement habituel, sans qu’il n’y ait aucune conséquence majeure.

Pensons désormais à l’expérience de commencer un nouveau travail. Si vous l’avez déjà expérimenté, ou encore mieux, si vous avez dû changer de lieu de résidence pour cela, vous aurez probablement perçut la sensation d’accablement que cela peut supposer.

Imaginez qu’il s’agisse du poste de travail dont vous avez toujours rêvé, il est très probable que certains symptômes de stress apparaissent pendant votre période d’adaptation à votre nouvelle vie. Et pourquoi ceux-ci se produisent-ils ? Simplement parce que le simple fait d’abandonner notre zone de confort (ce lieu auquel nous sommes habitué, dans lequel nous nous sentons sûrs parce que nous le connaissons à la perfection, dans lequel nous avons notre routine et dans lequel nous nous sentons tranquille) requière un effort considérable de la part de notre organisme, et d’une importante activation physiologique afin de nous permettre de connaitre et de nous adapter aux nouvelles exigences de notre nouvel environnement.

Cela n’est pas surprenant si nous nous sentons épuisé dans notre quotidien, que nous avons des tensions musculaires, des problèmes gastro-intestinaux, etc… Cependant, au fur et à mesure que nous nous habituons à notre environnement et que nous commençons à le dominer, il est très probable que les symptômes du stress diminuent, tout comme notre activité neurophysiologique.

Quelque chose d’aussi insignifiant que de sortir de notre nouvelle maison pour nous rendre à notre nouveau travail peut résulter stressant, du fait que nous ignorons s’il y a beaucoup de trafic sur notre route, comment seront nos compagnons de travail, s’il y a de places de parking pour nous garer, etc…

Comme nous avons pu le voir, le stress et ses symptômes sont plus nécessaires et bénéfiques que ce que l’on pourrait penser au premier abord. Sans ce dernier, nous ne serions pas capables de forcer notre organisme à s’adapter aux diverses situations de notre vie, qu’il s’agisse d’un changement dans nos habitude ou d’un danger imminent. Mais, que ce passe-t-il lorsque nous vivons avec ce stress pendant une période de temps plus longue ?

Vivre continuellement avec les symptômes du stress (stress chronique)

Il s’agit du stress qui est si quotidiennement présent dans nos vies, qu’il se peut que nous nous habituions à lui, et que nous vivions normalement dans un état de tension et de symptômes de mal-être, sans nous rendre compte qu’au lieu d’être la norme, cet état devrait être exceptionnel.

Il s’agit de ces circonstances qui se prolongent dans le temps (des semaines, des mois, des années…), comme par exemple : avoir des difficultés économiques, un mariage conflictuel, une maladie grave, le stress post-traumatique, des problèmes professionnels, etc… Et que malgré tous les efforts, on n’arrive jamais à se sentir en sécurité ou en tranquillité dans notre situation. Les séquelles sous-jacentes sont souvent les plus préoccupantes, et leurs traitements sont les plus complexes.

Quelles sont les conséquences du stress chronique ? Cela n’influence pas seulement notre santé directement, mais également d’une forme indirecte, sous la forme d’acquisition d’habitudes ou de techniques de défense qui affect gravement notre bien-être.

À titre d’exemple, il a été observé que les personnes qui fument ou qui consomment de l’alcool, augmentent considérablement ces habitudes pendant les périodes de stress. Dans ces cas, il est difficile de mettre en avant cela comme un symptôme du stress. Ce qui est par contre claire est que le stress constitue un élément clé, qui interagit en compagnie d’autres éléments.

Les prédispositions individuelles, c’est à dire les éléments propres à l’individu, comme par exemple : son code génétique, son développement neurobiologique modulé par les expériences vécues dans l’enfance et par les traits de personnalité, peuvent être des éléments très importants. Ceux-ci peuvent être des facteurs de prédisposition au stress et à ses symptômes, causant d’autres symptômes ainsi que des maladies déterminées. Ils définissent au final comment se manifestera le stress.

Ainsi, nous savons par exemple que les personnes qui sont plus exigeantes avec elles-mêmes et qui cherche la perfection dans les moindres détails, avec une tendance au pessimisme, ont plus de probabilité de souffrir d’attaques de panique ou de niveaux d’anxiété élevés.

Certaines astuces pour vous aider à diminuer les symptômes du stress

Comme nous l’avons vu, le stress dépend d’une multitude d’éléments qui en interagissant entre eux peuvent déclencher un mal-être, d’une manière différente pour chaque personne. Personne n’expérimente les mêmes symptômes de stress dans les mêmes conditions.

Ce qui pour certain peut s’avérer être une situation critique et épuisante, pour d’autres, s’avérera être une situation fascinante et inspirante. Ainsi, un élément essentiel qui peut modifier l’intensité du mal-être provoqué par le stress est le processus mental avec lequel nous évaluons la dangerosité de la situation.

Un lion ne fait pas peur parce que c’est un lion, mais pour les qualités que nous lui attribuons mentalement. Il est possible que l’évaluation du danger d’un lion par une personne qui ne sait pas ce qu’est un lion, qui n’en a jamais vu et jamais entendu parlé, soit complètement différente de celle d’un dresseur de lion.

Il existe des investigations très intéressantes dans lesquelles il a été conclue que les personnes qui manifeste des symptômes de stress et qui le vivent d’une manière négative et avec pessimisme ont une plus grande probabilité de souffrir de maladies et de développer de graves problèmes de santé que les personnes qui peuvent se trouver sous les mêmes intensités de stress mais qui le vivent comme quelque chose de stimulant, nécessaire et bénéfique.

En définitive, une bonne façon de gérer les symptômes du stress pourrait être d’ajouter une pincée d’optimisme aux situations stressantes que nous vivons. Voici une vidéo dans laquelle Kelly McGonigal nous explique comment vois le stress d’une façon différente. N’oubliez pas d’y ajouter les sous-titres en français !

Merci beaucoup de nous avoir lu, nous espérons que cet article vous aura plus et surtout qu’il vous aura été utile. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions plus bas, nous serons enchantés d’y répondre. 🙂

“Source : Samuel Facius Cruz, légiste et psychologue clinique spécialisée en psychologie cognitivo-comportementale.”

Rédacteur spécialisé du domaine médical et de la santé. Passionné de psychologie, de philosophie ainsi que de neuroscience.
Toujours à la recherche de nouvelles sources et de nouvelles tendances, dans le but d’inspirer le publique et de le guider vers de nouvelles méthodes ou théories pour l’aider à améliorer son quotidien.

Related Content

Let’s block ads! (Why?)