06 Avr 2017

Noradrénaline : guide complet sur l’hormone du stress

Saviez-vous que la noradrénaline joue un rôle important lorsque votre cœur s’accélère ? Il est possible que vous vous soyez déjà demandé comment fonctionne ce processus d’activation corporel. Pourquoi lorsque nous devenons nerveux notre cœur commence à battre pus rapidement, augmentant le flux sanguin et nous prépare à réagir ? Et presque sans que nous nous en rendions compte.

Découvrez tout sur la noradrénaline : qu’est-ce que c’est, comment elle fonctionne, comment elle agit, comment l’augmenter, quels sont les troubles psychologies qui y sont associés ainsi que quelle est la relation entre la noradrénaline et le sport… Avez-vous déjà ressenti la nécessité de sortir courir ? Comme une activation soudaine de votre corps qui vous rempli d’énergie. Cette sensation est due à l’effet de la noradrénaline dans notre organisme.

Noradrénaline

Noradrénaline

Voici les informations les plus importantes sur cette substance chimique, ses fonctions, comment elle nous affecte et quelques curiosités.

Qu’est-ce que la noradrénaline ?

La noradrénaline est incluse dans le groupe des catécholamines (molécules qui sont produites par un acide aminé).

La noradrénaline peut agir comme une hormone (appelée parfois l’hormone du stress) ainsi que comme un neurotransmetteur, remplissant des fonctions physiologiques et homéostatiques.

Il se peut que certains d’entre vous connaissent également le terme de norépinéphrine. En réalité, la noradrénaline et la norépinéphrine sont presque interchangeables. La majorité des gens utilisent ces termes indistinctement, l’un ayant plus une racine latine et le l’autre une racine grecque. La différence que nous pourrions trouver est que la norépinéphrine serait “la noradrénaline synthétique”, utilisée en pharmacologie dans les médicaments, alors que la noradrénaline est produite naturellement par notre corps.

La façon dont nous synthétisons cette hormone est à travers de la moelle surrénale (formée par des cellules innervées par des cellules sympathiques du système nerveux autonome). Elle est libérée dans le sang et entraîne une activation dans notre organisme, nous préparant à réagir.

Comment agit la noradrénaline ?

D’une manière générale, la noradrénaline peut agir comme un type de neurotransmetteur ou comme un type d’hormone. De quoi est-ce que cela dépend ?

La noradrénaline agit comme neurotransmetteur

On la trouve dans les connections entre les neurones dans le système nerveux. En tant que neurotransmetteur, elle est chargée de transmettre les informations sous forme d’impulsions électriques aux différentes parties de l’organisme.

La noradrénaline est libérée par les neurones adrénergiques. Nous pouvons trouver ces neurones dans le système nerveux central. Dans le thalamus, le cervelet, la moelle épinière… mais surtout, on la trouve en grande quantité dans une partie nommée Locus Coeruleus, le tronc de l’encéphale.

Le Locus Coeruleus est la principale source de noradrénaline du système nerveux central. Cependant, il n’y a pas seulement de la noradrénaline dans le tronc de l’encéphale, mais également dans le système nerveux autonome, dans lequel se développe l’activation de notre corps, en relation avec l’anxiété.

La noradrénaline agit comme hormone

Elle est souvent appelée hormone du stress. Elle est libérée dans le sang après avoir été synthétisée par l’acide aminé nommé Tyrosine. Cette synthèse se produit dans les glandes surrénales, situées un peu en dessus des reins.

Parmi les fonctions de la noradrénaline en tant qu’hormone, nous pouvons mettre en avant la stimulation de la production d’adrénaline dans notre corps, provoquant une augmentation de la vigilance et de l’attention focalisée, ce qui permet une meilleure capacité de réaction comportementale face à des événements potentiellement dangereux.

Fonctions de la noradrénaline

Nous avons précédemment mentionné que la noradrénaline exerce de multiples fonctions, en voici quelques-unes :

1- Elle joue un rôle essentiel dans les réactions de lutte ou fuite :

  • Augmente la fréquence cardiaque (déjà mentionné).
  • Dilate ou contracte les pupilles.
  • Augmente le taux de glucose dans le sang grâce à nos réserves d’énergie.
  • Augmente le flux sanguin vers les muscles squelettiques et l’apport d’oxygène au cerveau afin de favoriser une réaction rapide.

2- Cœur et rythme cardiaque : Si la quantité de noradrénaline augmente, cela aura comme conséquence d’augmenter le rythme cardiaque, comme nous l’avons déjà dit. Comme exemple, prenons une situation classique de film ou de série télé : “Le patient souffre d’un arrêt cardiaque, le médecin demande à l’infirmière de lui préparer un injection de norépinéphrine… Pi-pi-pi-pi. Pouls stable, le patient est sauvé !”, est-ce que cela vous parle ? La norépinéphrine (noradrénaline artificielle) donne au cœur un meilleur rythme cardiaque.

3- Nous prépare à l’action : Une des autres fonctions de la noradrénaline est d’augmenter es effets de la motivation intrinsèque et extrinsèque, ainsi que la prédisposition à agir, surtout dans les situations stressantes qui demandent une réponse rapide.

4- Agit sur l’état d’alerte et la régulation du cycle de vigilance-sommeil.

5- Règle nos comportements sexuelles.

Peut-on augmenter nos taux de noradrénaline ?

L’acide aminé non-essentiel dont nous avons besoin pour que notre organisme produise plus de noradrénaline est la Tyrosine. Du fait qu’elle ne nous est pas essentielle, notre organisme ne la produit pas en soi, mais a besoin de phénylalanine.

Le mot tyrosine nous vient du grec tyros, qui signifie fromage. On l’appelle ainsi à cause du fait que cet acide aminé a été découvert par un chimiste allemand appelé Justus Von Liebig à partir de la protéine caséine, qui se trouve dans le fromage.

Ainsi, pour que notre corps produise de la noradrénaline, il faut qu’un processus chimique assez compliqué se réalise, que nous avons essayé de décrire d’une façon la plus concrète possible :

  1. On trouve de la phénylalanine (acide aminé essentiel).
  2. Une hydroxilaction de l’acide aminé phénylalanine se produit. Cela signifie qu’on y ajoute une molécule OH, comme celles qui apparaissent dans le dessin de la molécule de noradrénaline au début de l’article. Pourquoi cela se produit-il ?
  3. Cela permet de pouvoir synthétiser la tyrosine, qui est le précurseur des catécholamines, comme la noradrénaline.

Pour que le résultat final soit une plus grande quantité de noradrénaline produite dans notre organisme, il faut que nous consommions plus de protéines.

Les aliments comme le poisson, les viandes, le fromage, et les légumineux sont des bonnes sources de tyrosine.

Si nous consommons des aliments comme ceux mentionnés, et que nous ajoutons à cette liste des pommes, des bananes, de la pastèque et des germes de blé, nous obtenons une bonne dose de tyrosine, ce qui entraînera une plus grande production de catécholamines, dont la noradrénaline.

Lorsque nous ingérons ces aliments, les protéines qu’ils contiennent se dégradent dans notre système digestif en acides aminés comme la L-tyrosine, qui entraîne la sécrétion de dopamine, et de noradrénaline. Découvrez les aliments qui sont bons pour votre cerveau et quelques conseils pour produire plus de dopamine.

Noradrénaline et troubles psychologiques

La Noradrénaline est liée à certains troubles psychologiques, dans lesquels elle joue un rôle fondamental d’activation et de désactivation physiologique de l’organisme. Cela semble logique l’on connaît les fonctions de la noradrénaline en tant que neurotransmetteur.

1. TDAH et noradrénaline

Le Trouble de Déficit d’Attention avec Hyperactivité (TDAH) est le trouble infantile “à la mode” au 21ème siècle.

Ce trouble est caractéristique dans l’enfance. Les enfants inquiets et agités, avec des comportements caractéristiques comme l’impulsivité, des difficultés d’attention et de concentration, un déficit de la capacité de planification et dans l’attente de récompense sur le long terme…

Donc, en gros, ce qu’il se passe dans le cerveau des personnes qui développe ce trouble, c’est que les connections qu’établissent les neurotransmetteurs de la dopamine et la noradrénaline agissent d’une manière anormale. Que se passe-t-il ? Un déficit dans la libération de ces neurotransmetteurs se produit, et leurs niveaux de captation augmentent. Une explication avec des données fictives pourrait être ainsi :

  • Nos neurones libèrent 10 points de noradrénaline.
  • Nous avons besoin que 6 points restent dans l’espace inter-synaptique pour fonctionner correctement.
  • 4 points sont recaptés par les récepteurs.

Alors que dans le cas d’un TDAH, le fonctionnement serait :

  • Nos neurones libèrent 8 points de noradrénaline.
  • Nous avons besoin de 6 points dans l’espace inter-synaptique.
  • Nos récepteurs recaptent 4 points, il en manquent alors 2.

Un déficit de la production de noradrénaline existe dans les cas de TDAH, mais les récepteurs continuent d’en recevoir, ce qui se traduit en général par un manque de noradrénaline dans l’espace inter-synaptique.

C’est pour cela que le traitement pharmacologique peut être des stimulants (métylphénidate ou dextroanphétamine) qui bloquent le transport et la recaptation de la dopamine et de la noradrénaline, ce qui peut parfois surprendre.

Ainsi, il y a des personnes qui parlent également de l’effet positif de la caféine pour réduire les symptômes chez les personnes qui souffrent de TDAH.

2. Dépression et noradrénaline

Une chose caractéristique du trouble de dépression est que notre activation se réduit. La motivation diminue, la latence de réponse face aux stimulations augmente, le pouls diminue… Disons que l’organisme d’une personne déprimée est comme en “hibernation”. Le corps détecte que quelque chose va mal, à cause du manque de moral, et se met en “mode survie”, essayant de gâcher le moins possible d’énergie possible. C’est cela qui lie la noradrénaline à ce trouble.

Ainsi, en regroupant tous ces symptômes, nous pouvons résumer que pour une faible quantité de noradrénaline dans notre corps, nous aurons :

  • Un activation physiologique plus faible.
  • Une attention diffuse ou des difficultés d’attention.
  • Une diminution du rythme cardiaque.
  • Dysthymie.
  • Une diminution de la motivation.
  • Une augmentation du temps de réaction moteur.
  • Un manque d’énergie.
  • Apathie (désintérêt général et manque d’enthousiasme).

De plus, cette hormone joue un rôle important dans la régulation de nos émotions. Si on vous demande de citer une émotion liée à l’activation physiologique, beaucoup d’entre vous penseront à l’allégresse.

Par contre, l’absence d’activation pourrait être liée avec un état de tristesse, qui avec la démotivation, le manque d’énergie, l’apathie et d’autres facteurs, peut être le début d’un épisode dépressif.

3. Anxiété et noradrénaline

Si nous nous arrêtons un moment sur ce que nous avons déjà appris dans cet article, nous pourrions arriver à la conclusion que la noradrénaline est la reine mère des troubles d’anxiété (par rapport à sa présence).

Nous avons vu que grâce à la noradrénaline, notre corps se prépare à répondre à une situation stressante ou dangereuse. Lorsque cela se produit, l’émotion qui nous envahit est celle que nous appelons anxiété.

La réponse physiologique à l’anxiété correspond au comportement de fuite ou de lutte auquel nous avons fait référence à plusieurs reprises. Rappelons-nous que certains symptômes de l’anxiété consistent en une dilatation pupillaire, une hausse des taux de glucose dans le sang, une contraction musculaire, une augmentation du rythme cardiaque… Notre noradrénaline neurotransmetteur envoie des informations à travers notre corps afin que nous nous activions, ce qui nous permettrait de répondre immédiatement à la situation si nécessaire.

Les attaques de panique ou les crises d’angoisse sont également propres des troubles de l’anxiété, et sont produits par une augmentation soudaine de noradrénaline, entraînant une activation physiologique que la personne n’est pas capable d’expliquer ou de contrôler. Elle ne connaît pas la cause de cette activation et cela augmente encore son anxiété.

Noradrénaline et sport

Noradrénaline

Noradrénaline et sport

Selon les informations recueillies sur le site web de l’APA (American Pshychological Association), faire de l’exercice physique peut améliorer notre santé mentale en aidant notre cerveau à mieux gérer et mieux supporter le stress.

Il est vrai qu’il reste encore beaucoup à investiguer, mais le lien entre noradrénaline et les émotions est là.

Lorsque nous faisons du sport, notre organisme répond d’une manière très similaire à une situation de stress ou de danger. Nous nous préparons pour être en alerte et pour répondre efficacement à la situation. Par exemple, voyons une situation concrète : un penalty. Imaginons le gardien de but, seul, face au joueur adverse… Comment pensez-vous qu’est son état d’activation en ce moment précis ? Excité ? Relâché ? Son état d’alerte sera au maximum afin de se projeter sur le ballon le plus rapidement possible.

En fonction de l’intensité de l’exercice que nous sommes en train de faire, le corps s’adaptera :

  • En envoyant des informations à nos muscles squelettiques, grâce au neurotransmetteur de la noradrénaline afin de répondre rapidement.
  • Agissant dans notre système nerveux autonome, produisant une augmentation du rythme cardiaque, une plus forte sudation et une contraction musculaire.
  • Notre foie va libérer une plus grande quantité de glucose dans le sang, afin d’améliorer notre réponse motrice.

Cependant, cela ne dépend pas que de l’intensité de l’exercice. Gravir une montagne, faire un sprint de 100m ou soulever des poids de 100kg… L’environnement dans lequel nous sommes influence également grandement, ainsi que tous ce qui peut stresser le sportif ou lui générer de l’anxiété pendant qu’il pratique son sport.

Cela serait représenté dans notre exemple du gardien de but pendant un penalty qui ressent le danger de la situation. Son environnement compétitif jouera également un rôle important, tout comme le publique qui l’entoure par exemple.

Comment la pratique du sport affecte-t-elle la production de noradrénaline ? Une des clés de l’apprentissage est la répétition. “Plus nous pratiquons un comportement, mieux nous le réaliserons”. C’est pour cela que nous pouvons dire que plus nous pratiquons un sport, plus notre corps s’y habitue et s’habitue à répondre aux situations interprétées comme stressantes, plus nous deviendrons experts pour répondre face aux situations stressantes.

Conclusions

Revoyons un peu les connaissances que nous avons acquis tout au long de cet article, et cherchons quels sont les points les plus importants :

  • Noradrénaline : hormone produite grâce à la Tyrosine et neurotransmetteur du système nerveux central et du système nerveux autonome.
  • Nous active physiologiquement et nous prépare à lutter ou à fuir.
  • Participe aux processus d’attention et à nos réponses motrices.
  • Il existe des troubles psychologiques dans lesquels la noradrénaline joue un rôle très important, comme la dépression, le TDAH et les troubles anxieux.
  • Nous pouvons contribuer à la production de noradrénaline grâce à notre alimentation, en consommant des produits qui riches en Tyrosine.
  • La Noradrénaline joue un rôle très important dans le sport et les activités physiques.

Maintenant, c’est à vous de jouer ! Connaissiez-vous déjà les termes de noradrénaline/norépinéphrine ? Partager vos commentaires et vos expériences plus bas. Nous vous invitons également à nous poser es questions sur le sujet si quelque chose n’est pas clair pour vous.

Nous espérons que nous avons satisfait votre curiosité et que vous en savez désormais un peu plus sur le sujet qu’avant votre lecture !

“Partageons l’information”.

“Source : Patricia Sánchez Seisdedos, psychologue sanitaire spécialisée en psychologie clinique.”

Rédacteur spécialisé du domaine médical et de la santé. Passionné de psychologie, de philosophie ainsi que de neuroscience.
Toujours à la recherche de nouvelles sources et de nouvelles tendances, dans le but d’inspirer le publique et de le guider vers de nouvelles méthodes ou théories pour l’aider à améliorer son quotidien.

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