04 Jan 2017

Quels sont les effets de la cocaïne sur votre cerveau ?

La cocaïne est l’une des drogues les plus connues et les plus nommées de nos jours. Nous pouvons écouter quotidiennement des nouvelles aux informations télévisées, dans les séries comme “Narcos”, suivie par des millions de téléspectateurs, ou encore dans d’autres programmes télévisuels. Elle est souvent associée à la fête, mais… savons-nous réellement ce qu’est cette substance ? Quels sont ses effets sur notre cerveau ? Comment nous affecte la consommation de cette drogue sur le court et le long terme ? Les dommages cérébraux qu’elle cause sont-ils réparables ? Découvrez dans cet article la réponse à toutes ces questions.

Qu’est-ce que la cocaïne ?

La cocaïne est une substance qui a un puissant effet stimulant sur notre système nerveux central.

La cocaïne est d’origine naturelle, elle vient d’un arbuste nommé la plante de coca, qui est pour les Incas une plante sacrée. Dans les endroits où cette plante pousse de manière spontanée ses feuilles sont mastiquées afin d’obtenir plus d’énergie pour travailler dans les mines ou dans les champs, ou encore pour traiter le “mal de l’altitude”, qui peut apparaître lorsque l’on se trouve à une haute altitude et qui consiste en un mal-être dû au manque d’oxygène.

Consommée de cette manière, la quantité de cocaïne absorbée par notre organisme est réduite et ces conséquences négatives sont quasiment nulles, excepté quelques problèmes buccaux.

Le principe actif de cette substance, nommée cocaïne, a été isolée vers la fin du 19ème siècles et fut alors utilisé à des fins médicales, servant d’anesthésie locale, de fortifiant pour le cœur ou encore pour améliorer la fonction digestive. La cocaïne servait également pour traiter la grippe, les états de stress et l’alcoolisme. Jusqu’au fameux Sigmund Freud publia une étude dans laquelle il recommande l’utilisation de la cocaïne pour traiter la dépression ou la nervosité.

La cocaïne

La cocaïne était utilisée comme anesthésiant local.

Ce fut au début du 20ème siècles que les effets de la cocaïne sur le cerveau ont commencé à être enregistrés, tout comme son grand pouvoir addictif et les comportements psychotiques qui peuvent y être lié. La cocaïne fut donc déclarée illégale aux États-Unis en 1914.

Selon le processus chimique auquel sont soumises les feuilles de coca, on peut en obtenir différentes substances. Par exemple, la cocaïne base (le crack) ou le basuko (la pâte de base) qui sont généralement fumés mélangés à du tabac ou d’autres substances.

La forme la plus connue de la cocaïne est la poudre blanche (chlorhydrate de cocaïne). Sa consommation peut être sous forme intraveineuse par injection, ou par inspiration par la narine de “railles” de poudre. Son absorption et son effet sur le cerveau sont très rapides.

Selon le rapport annuel de l’Observatoire Européen des Drogues de l’année 2015 “la cocaïne est la drogue stimulante la plus consommée en Europe” et on estime que près de 2,3 millions de jeunes entre 15 et 34 ans ont consommés de la cocaïne cette année. De plus, ce rapport conclut que la France, l’Espagne et le Royaume Uni sont les pays qui consomment le plus de cette substance dans l’Union Européenne.

Une étude sur l’alcool et les drogues menée en Espagne entre 2013 et 2014 (EDADES), démontre que l’âge moyen du début de la consommation de cocaïne se situe à 21,3 ans et que les hommes ont 3,5 fois plus tendance à consommer de la cocaïne que les femmes. Cette étude dit également que la tendance générale de la consommation de cocaïne diminue depuis l’année 2007.

Effets de la cocaïne sur le cerveau

Notre système nerveux central, dont l’organe principal est le cerveau, est formé de neurones qui communiquent entre eux grâce à des impulsions électriques ou chimiques afin de transmettre des messages et des informations sur notre environnement et sur ce qu’il se passe dans notre corps. Le système nerveux central est chargé du fonctionnement des autres systèmes et des autres organes de l’organisme, ainsi que de réaliser des tâches mentales supérieures comme l’apprentissage, l’utilisation de la mémoire, le comportement ou encore notre relation avec le monde extérieur. Les neurones forment un réseau de connections tout au long de notre système nerveux, mais ne sont pas unis entre eux. Il existe entre les neurones un espace synaptique dans lequel passent des substances chimiques nommées neurotransmetteurs. Ces neurotransmetteurs agissent comme des messagers qui transmettent les informations entre les neurones. Il existe différents types de neurotransmetteurs selon le type de message à transmettre.

Comment la cocaïne affecte-t-elle notre cerveau ? La dopamine est le neurotransmetteur qui est le plus affecté par la consommation de cocaïne (tout comme pour la consommation d’autres drogues comme l’alcool et l’héroïne). La dopamine est présente dans la régulation du comportement émotionnel (par exemple pour le bonheur ou le stress), dans la régulation des mouvements et dans les fonctions mentales supérieures comme la mémoire, le comportement ou la motivation. Cette substance joue également un rôle très important dans ce que l’on nomme le système de récompense du cerveau, c’est à dire dans les sensations de plaisir que nous procure notre cerveau face à des situations précises ou à des substances déterminées comme la nourriture, le sexe, ou dans ce cas-là la cocaïne.

L’effet qu’a la cocaïne dans notre cerveau est d’empêcher que la dopamine soit capturée par les neurones ce qui provoque une accumulation d’une grande quantité de dopamine dans l’espace synaptique, entraînant une augmentation des fonctions qui sont liées à ce neurotransmetteur.

La cocaïne

Comparaison des effets de la cocaïne sur un cerveau normal, un cerveau après une consommation de cocaïne de 10 jours et un cerveau après une consommation de cocaïne de 100 jours.

Effets immédiats de la cocaïne

Les effets immédiats de la cocaïne dépendent de plusieurs variables. Par exemple, cela dépend de la manière de la consommer, des caractéristiques de la personne qui la consomme ou du nombre de fois que celle-ci a consommé de la cocaïne, c’est à dire l’accoutumance ou le manque d’accoutumance de l’organisme à cette substance chimique.

En général, quand elle est sniffée, l’effet peut durer entre 30 minutes et 3 heures, en fonction de la qualité de la cocaïne ou de la quantité et de la taille des rails.

La cocaïne a un effet vasoconstricteur (elle réduit la taille des vaisseaux sanguins) et elle provoque donc une augmentation de la pression artérielle et une tachycardie ou des palpitations. Elle fait également augmenter la température corporelle et dilate les pupilles.

Beaucoup des effets immédiats de la cocaïne sont directement liés aux fonctions de la dopamine. Ainsi, un état d’excitation moteur et de non-tranquillité ou d’agitation des mouvements peut apparaître (par exemple, un symptôme courant de la consommation de cocaïne est un mouvement rapide et répété de la mâchoire) qu’une augmentation du niveau d’activité de la personne, qui entre dans un état d’alerte ou de vigilance.

Des changements sur le moral peuvent également apparaître, comme une sensation d’euphorie, une sensation d’énergie ou une perte de la fatigue, de l’insomnie ou encore une diminution de l’appétit.

La cocaïne affect également les fonctions mentales supérieures, provoquant une hyperactivité verbale (c’est à dire que les personnes qui ont consommés de la cocaïne parlent beaucoup et très rapidement) et une hyperactivité de la pensée (beaucoup d’idées leurs apparaissent) tout comme une fausse sensation d’agilité mentale.

Et bien sûr, la cocaïne agit sur les régions du cerveau qui sont chargée du plaisir.

Au fur et à mesure que ces effets diminuent et que l’euphorie disparaît, apparaît la “descente”, qui peut faire que la personne soit triste, irritable ou alors confuse.

Effets à moyen et long terme de la consommation de cocaïne

Les consommateurs habituels de cocaïne, non seulement ceux que l’on nomme cocaïnomane mais également les personnes qui consomment seulement les weekends mais régulièrement expérimentent des changements continus dans leur corps, leur cerveau ainsi que sur leur personnalité.

La cocaïne modifie les systèmes de notre cerveau chargés du plaisir, de la motivation et des récompenses. Sa consommation sur le long terme rend les personnes moins sensibles à l’expérimentation de la sensation de plaisir naturelle due par exemple au sexe, à la pratique du sport ou au fait de manger. La consommation prolongée rend également moins sensible aux sensations agréables et aux émotions. C’est pour cela que la cocaïne est autant addictive.

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Quels autres effets produit la consommation de cocaïne sur le cerveau ? Sa consommation est liée à l’augmentation de la pensée et de toute l’activité mentale en général. Des troubles psychiques peuvent apparaître, comme des idées paranoïdes (que quelqu’un nous poursuit par exemple). Des altérations de la perception peuvent également apparaître, comme par exemple l’apparition de sentiments critiques envers soi-même qui peuvent provoquer des tremblements incontrôlables, ou encore des changements dans l’intensité de la perception des couleurs ainsi que des comportements et des mouvements répétitifs ou brusques.

La cocaïne affecte également le cerveau, produisant des changements émotionnels. Sur le long terme des changements brusques de l’humeur, de l’agressivité, des troubles anxieux et même la dépression peut apparaître.

La consommation de cocaïne pendant une longue période de temps, en plus d’endommager le cerveau et de ses effets négatifs sur notre système neurologique, provoque également des dégâts physiques comme des altérations cardiovasculaires. D’autres troubles spécifiques peuvent également apparaître selon la consommation. Par exemple, en sniffant la cocaïne, cela peut endommager les narines et entraîner une perte de l’olfaction, des saignements naseaux voire même une perforation de la paroi nasale. Une consommation par injection peut entraîner des maladies infectieuses liée aux injections, comme les hépatite ou le SIDA.

Les dommages cérébraux causés par la cocaïne peuvent-ils être soignés ?

Abandonner la consommation d’une substance comme la cocaïne est possible.

Le syndrome d’abstinence dû à l’arrêt de la consommation de cocaïne est moins agressif au niveau physique que pour d’autres substances. Par contre, tous ce qui est liés au contexte social et aux habitudes de consommation est plus délicat. C’est pour cela que la thérapie choisie aborde généralement les aspects individuel, familiaux et de groupe.

Quand notre cerveau a été accoutumer à la présence de cocaïne, il cesse de générer les neurotransmetteurs comme la dopamine, qui est produite naturellement dans des circonstances normales.

Les neurones, les zones ou les systèmes cérébraux endommagés par une consommation de cocaïne sur le long terme ont besoin de se réadapter à leur nouvelle situation, et grâce à une intervention pharmacologique qui agit sur les récepteurs cérébraux et une intervention psychologique qui agit sur la motivation et sur l’acceptation des sensations et des pensées qui provoque un mal-être chez la personne qui a arrêté sa consommation, se soigne petit à petit, réparant leur structures et récupérant leurs fonctions qui ont été altérées par la consommation de cocaïne.

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Merci beaucoup de nous avoir lu. N’hésitez pas à laisser vos commentaires et vos questions plus bas 🙂

“Source : Rosa Calderón Vicente, psychologue spécialisé en psychologie du troisième âge.”

Rédacteur spécialisé du domaine médical et de la santé. Passionné de psychologie, de philosophie ainsi que de neuroscience.
Toujours à la recherche de nouvelles sources et de nouvelles tendances, dans le but d’inspirer le publique et de le guider vers de nouvelles méthodes ou théories pour l’aider à améliorer son quotidien.

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